Combien coûte un produit, lequel rapporte, à partir de quel chiffre d'affaires l'entreprise gagne de l'argent. Les outils de calcul des coûts, avec des exemples de petites entreprises : boutique, atelier de couture, boulangerie, salon de coiffure, restaurant.
La comptabilité générale donne le résultat de toute l'entreprise, une fois par an. Elle ne dit pas quel produit rapporte, ni combien coûte un article. La comptabilité analytique découpe ce résultat : par produit, par activité, par client ou par mois. C'est un outil de gestion, qui sert à décider.
Le plan comptable SYSCOHADA réserve la classe 9 à la comptabilité analytique. Une petite entreprise peut aussi la tenir à part, dans un tableur, à partir des chiffres de sa comptabilité générale.
Le point de départ, ce sont les charges de la comptabilité générale. Avant de calculer des coûts, on les corrige pour ne garder que celles qui reflètent l'activité normale de l'entreprise.
Les charges de l'activité normale : achats, loyers, salaires, électricité, amortissements… Elles entrent dans les coûts.
Les charges étrangères à l'activité normale : pénalités et amendes, charges exceptionnelles (HAO). On les écarte.
Des coûts réels que la comptabilité générale n'enregistre pas : le travail de l'entrepreneur individuel qui ne se verse pas de salaire, la rémunération des capitaux qu'il a apportés. On les ajoute.
Pourquoi ajouter le travail de l'exploitant ? Parce que, sans lui, l'atelier paraît rentable alors qu'il ne rémunère pas celui qui le fait tourner. Ce que l'exploitant prélève pour son travail n'est pas une charge déductible (art. 78 du CGI 2026) : la comptabilité générale ne le montre pas.
Exemple chiffré : Atelier de couture : les charges à retenir.
Elle ne concerne qu'un produit et s'y rattache sans calcul : la farine du pain, le tissu d'une robe, la commission versée sur une prestation.
Elle concerne plusieurs produits à la fois : le gaz du four, le loyer de l'atelier, le salaire du gérant. Il faut la répartir entre les produits.
Exemple chiffré : Boulangerie : répartir les frais du four.
Les coûts s'additionnent dans l'ordre où l'entreprise travaille : elle achète, elle fabrique si elle fabrique, puis elle vend.
| Coût | Ce qu'il comprend |
|---|---|
| Coût d'achat | Prix d'achat + frais d'achat : transport, manutention, droits de douane. Pour un commerce, c'est le coût des marchandises ; pour un atelier, celui des matières. |
| Coût de production | Matières consommées + main-d'œuvre de fabrication + part des frais de fabrication (atelier, four, machines). Concerne l'artisanat et l'industrie. |
| Coût de revient | Coût de production des produits vendus, ou coût d'achat des marchandises vendues, + frais de distribution : emballages, livraison, commissions, publicité. |
| Résultat analytique | Chiffre d'affaires − coût de revient, produit par produit. |
Quand une partie de la production reste en stock, seul le coût des produits vendus entre dans le coût de revient. Les exemples supposent que tout ce qui est produit est vendu dans le mois.
Exemples chiffrés : Boutique de quartier : le vrai coût d'un sac de riz ; Boulangerie : coût de revient et résultat par produit.
Elle suit le volume d'activité : marchandises, matières, emballages, commissions sur les ventes. Pas de vente, pas de charge.
Elle reste la même, que l'on vende peu ou beaucoup, tant que la capacité ne change pas : loyer, salaires fixes, amortissements, assurance, abonnements.
| Entreprise | Charges variables | Charges fixes |
|---|---|---|
| Boutique | Marchandises vendues, sachets | Loyer, salaire du vendeur, électricité |
| Boulangerie | Farine, levure, sucre, gaz du four | Loyer, salaires fixes, amortissement du four |
| Salon de coiffure | Produits capillaires, commissions des coiffeuses | Loyer, salaire de la gérante, amortissement du matériel |
| Transport | Carburant, péages, primes par voyage | Assurance, amortissement du véhicule, salaire du chauffeur |
C'est ce qui reste de chaque vente pour payer les charges fixes. Tant que les charges fixes ne sont pas couvertes, l'entreprise perd de l'argent ; une fois qu'elles le sont, toute la marge devient bénéfice.
Certaines charges sont mixtes : une facture d'électricité comprend un abonnement fixe et une consommation variable. On sépare les deux parts.
Le seuil de rentabilité est le chiffre d'affaires pour lequel la marge sur coût variable couvre exactement les charges fixes : le résultat est nul. En dessous, l'entreprise perd de l'argent ; au-dessus, elle en gagne.
Le point mort suppose des ventes régulières sur l'année. Pour une activité saisonnière, on cumule les ventes mois par mois jusqu'à atteindre le seuil.
| Chiffre d'affaires | 9 600 000 F |
| Charges variables | 3 840 000 F |
| Marge sur coût variable = chiffre d'affaires − charges variables | 5 760 000 F |
| Taux de marge sur coût variable | 60 % |
| Charges fixes | 4 800 000 F |
| Seuil de rentabilité = charges fixes ÷ taux de marge | 8 000 000 F |
| Point mort, ventes réparties sur l'année | 10 mois, soit fin octobre |
| Marge de sécurité = chiffre d'affaires − seuil | 1 600 000 F |
| Résultat = marge sur coût variable − charges fixes | 960 000 F |
Le calculateur reprend les chiffres d'un cas pratique : Salon de coiffure : le seuil de rentabilité.
| Décision | Ce qu'il faut regarder |
|---|---|
| Fixer un prix de vente | Le prix doit couvrir le coût de revient unitaire, puis dégager une marge. Sur la durée, le coût de revient est le prix plancher. |
| Accepter une commande à prix réduit | Si l'entreprise a de la capacité inutilisée et que la commande n'entraîne pas de nouvelles charges fixes, un prix supérieur au coût variable unitaire augmente le résultat. Attention aux autres clients, qui pourraient demander le même prix. |
| Choisir le produit à développer | Comparer les marges sur coût variable de chaque produit, plutôt que leurs résultats après répartition des charges fixes. |
| Garder ou arrêter une activité | Une activité dont la marge sur coût variable est positive aide à payer les charges fixes. L'arrêter ne fait gagner que les charges fixes qu'on peut supprimer avec elle. |
Exemple chiffré : Restaurant : faut-il arrêter le service du soir ?.
Farine consommée pour fabriquer le pain d'une boulangerie